LES ARTISTES ET LE PARTI, 1945-1968

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LES ARTISTES ET LE PARTI
(1945-1968)un documentaire de Yves Riou et Philippe Pouchain 2013

Les réalisateurs Yves Riou et Philippe Pouchain nous plongent dans l'histoire des artistes français "compagnons de route" du Parti communiste, de la Libération à 1968. Place aux créateurs – chanteurs, peintres, acteurs ou metteurs en scène, poètes – qui, au sortir de la Guerre, ont fait le choix de l'engagement communiste, liant leur destinée personnelle à l'espoir collectif d'un monde égalitaire et à …"des lendemains qui chantent". Dans un monde divisé en deux blocs et dans une France en pleine reconstruction, le Parti est auréolé par la gloire de la Résistance et offre un horizon révolutionnaire romantique et absolu. Picasso, Ferrat, Montand et Signoret…, parmi tant d'autres, se sont fait les porte-paroles du PC.

Un film de Yves RIOU et Philippe POUCHAIN


Produit par Karina SI AHMED et Jean-François LEPETIT - FLACH FILM PRODUCTION


LES INTERVENANTS DU FILM


Marcel Trillat – Journaliste et réalisateur
Pascal Ory – Historien
Juliette Gréco – Chanteuse
Jack Ralite – Ancien député, ministre et sénateur communiste
Gérard Jouannest – Pianiste de Jacques Brel et de Juliette Gréco
Marina Vlady – Comédienne
Raoul Sangla – Réalisateur


FICHE TECHNIQUE ET ARTISTIQUE


Montage : Catherine VILPOUX
Image : Jean-Marc BOUZOU
Son : Yolande DECARSIN – Pierre BOMPY


Avec la participation de :


FRANCE TELEVISIONS – HISTOIRE
Et du Centre national du cinéma et de l'image animée


Avec le soutien de la :
PROCIREP –Société des producteurs et de l’ANGOA


Année de production : 2012
Durée : 52 mn
Couleur – 16/9
Format : HDCAM
Version française


Diffusion prochainement sur France 5

Images du film

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Flach Film

REVUE DE PRESSE

Challenges
Illusions perdues

L'idéologie communiste aura longtemps incarné l'espérance via certaines "élites" intellectuelles et culturelles. Jusqu'au réveil, brutal.

Tele Obs
Prends moi la main camarade

Ce documentaire premier d'une série en trois volets consacrée aux rapports qu'entretiennent les artistes avec le pouvoir politique...

Télérama
Les Artistes et le Parti (1945-1968)

Ce documentaire aurait pu s'intituler "Les Illusions perdues", tant l'espoir porté par le Parti communiste à la Libération...

TéléObs
ROUGE SANG

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux artistes ont lié leur vie et leur carrière à l'espoir collectif porté par le communisme. Le réveil fut brutal !

Le Monde
LES ARTISTES ET LE PARTI (1945-1968)

Voilà sans doute l'un des plus beaux castings des arts, des lettres, de la pensée et du show-business que l'on ait jamais réuni. Le plus beau défilé d'artistes de d'intellectuels.

Challenges

Illusions perdues

Le communisme aura été la grande utopie du XXe siècle. Un de ses grands désastres aussi. Les artistes,qui sont de puissants symboles, y ont, pour beaucoup,contribué. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans un monde divisé en deux blocs, auréolé de la gloire de la Résistance, le Parti communiste incarne l’espérance. En 1946, il compte 800 000 adhérents et pèse plus de 25% des voix aux élections.
« Le sens de l’histoire, désormais, paraît être communiste », note l’historien Pascal Ory.
Dans ce film passionnant qui dessine aussi le portrait d’une époque, c’est sans doute Juliette Gréco qui a les mots les plus justes: «Après la Libération, qui n’était pas communiste était suspect. On ne pouvait pas penser autrement que générosité,
utopie, amour… » C’est l’épuration qui aura posé la question de la responsabilité sociale et politique des artistes, certains s’étant compromis avec l’occupant. Gérard Philippe, qui est alors « une idole absolue », se revendique sympathisant communiste, lui dont le père a été condamné à mort pour collaboration. Comme Picasso, qui prend sa carte du Parti en 1944 et la conservera jusqu’à sa mort. C’est la grande question: adhérer ou pas? « Moi, m’inscrire au Parti ? s’exclame Prévert. Je n’ai pas envie qu’on me mette en cellule ! » Juliette Gréco: « Il y avait beaucoup de gens passionnants au Comité central. Et puis il y avait ces lumières qu’étaient Aragon, Picasso, Sartre. Ils étaient éblouissants dans tous les sens du terme, c’est-à-dire qu’ils empêchaient aussi de voir… » La rétive Gréco ne prendra jamais sa carte. L’après-guerre est une grande époque de culture populaire, avec notamment la création du Festival d’Avignon et du TNP par Jean Vilar. Un temps de sincère exaltation. Au début des années 1950, Sartre, à son tour, se rapproche du Parti, dont il ne sera qu’un compagnon de route. Il entraîne de nombreux jeunes et intellectuels. Celui qui avait été qualifié par le PC de « hyène dactylographe » se rend souvent à Moscou, où il retrouve sa jolie traductrice soupçonnée d’appartenir au KGB… Des événements vont balayer les innocences. Octobre 1956, les chars russes entrent dans Budapest pour écraser l’insurrection: les Hongrois ont eu l’audace de réclamer plus de démocratie! Les violences entraîneront des milliers de morts et des centaines d’exécutions. En France, le PC approuve, ce qui suscite de vifs débats. Yves Montand entreprend une tournée dans les pays de l’Est avec Simone Signoret. A leur retour, tous deux ne croient plus à ce mirage. Les artistes et intellectuels sont nombreux à s’interroger. Sartre condamne « entièrement et sans réserve» l’intervention soviétique et rompt avec le Parti. Picasso garde sa carte, tout comme Aragon, qui, inflexible, évoque « la fin sublime qui excuse les moyens horribles ». Plus tard, on lira dans son journal intime : « 1956, comme un poignard sur mes paupières.» Il sait, mais il ferme les yeux…
L’entrée des chars soviétiques dans Prague en 1968 effacera les dernières illusions, révélant les mensonges et la dimension de l’horreur. Les convertis d’hier ont battu en retraite et dénoncent l’imposture. Ce qu’on a du mal à comprendre, c’est que des hommes, des femmes puissent aujourd’hui se réclamer de
ce parti, de cette idéologie qui n’aura semé que le désespoir, la souffrance et la mort.

Richard Cannavo
24 novembre 2016 - Challenges - N°499
Tele Obs

Prends moi la main camarade

Prends moi la main camarade

Ce documentaire premier d'une série en trois volets consacrée aux rapports qu'entretiennent les artistes avec le pouvoir politique, analyse les relations des créateurs français avec le Parti communiste français, de la Libération à 1968. Les deux suivants (diffusés les 4 et 11 décembre) évoqueront les années 1968-1981, de la remise en question des valeurs culturelles à l'élection de François Mitterrand, puis de la période du premier septennat (1981-1988), années flamboyantes pendant lesquelles la désillusion succédera à l'idôlatrie et verra la culture devenir une affaire d'État. Le premier film suit le parcours de chanteurs (Yves Montand, Juliette Gréco, Jacques Brel, Jean Ferrat), d'acteurs (Simone Signoret, Marina Vlady), de peintres (Picasso), d'écrivains (Sartre, Aragon, Duras) ou d'hommes de théâtre (Jean Vilar, Gérard Philippe) transportés pas l'espoir d'une société nouvelle que représentait alors le communisme. "Au sortir de la guerre, on ne pouvait que penser générosité, utopie et amour" explique Juliette Gréco qui ne prit jamais sa carte au PC mais l'accompagna avec enthousiasme jusqu'à l'entrée des chars soviétiques à Budapest en 1956 : "Là, on s'est senti trompé, humilié, malheureux..." D'autres, comme Aragon, justifieront "la fin sublîme qui excuse les moyens horribles". Au travers de témoignages sensibles et l'analyse de l'historien Pascal Ory, on comprend les ressorts de la relation passionnelle qui unit les artistes au Parti dans cette époque fougueuse et passionnée.

Anne Sogno
24 novembre 2016 - Tele Obs
Télérama

Les Artistes et le Parti (1945-1968)

Ce documentaire aurait pu s'intituler "Les Illusions perdues", tant l'espoir porté par le Parti communiste à la Libération agrégea de nombreux artistes autour d'un avenir radieux. Sans qu'ils fussent forcément ancartés (Prévert). On distingue alors les compagnons de route (Gérard Philippe, Jena Vilar) des militants au stalinisme indéfectible (Louis Aragon); ceux dont la stature et le niveau de cotisation assurent liberté de parole (Picasso, hilare devant une exposition de réalisme socialiste) et le traîtres (Jean-Paul Sarte, la "hyène dactylographe"); les opportunistes, qui misent sur la puissance de la presse communiste pour faire avancer leur carrière (un pas en avant, deux pas en arrière, avant qu'Yves Montand, finalement, honore une tournée en URSS après le massacre de Budapest, en 1956). L'écrasement hongrois marque une rupture entre ceux qui "font mine de ne pas savoir" (dixit le réalisateur Marcel Trillat) et ceux qui se sentent humiliés, trompés, malheureux. "Et ça, c'est grave, car il y avait beaucoup de don de soi" (Juliette Gréco).
Ce panorama, finement commenté par l'historien Pascal Ory et des militants toujours émouvants dans leur sincérité, paraît presque trop court quand Raoul Sangla évoque l'ORTF, qui laisse les réalisateurs militants assumer comme une mission d'éducation populaire pourvu qu'on ne touche pas aux infos, solidement vérouillées. Les événements de Prague provoquent une hémorragie irrémédiable, et Mai 68 proclame "l'imagination au pouvoir". Voilà bien une figure d'utopie sur laquelle on ne peut accrocher de moustache stalinienne.

Bernard Mérigaud
23 novembre 2016 - Télérama
TéléObs

ROUGE SANG

Le communisme aura été la grande utopie du XX° siècle. Un de ses grands désastres aussi. Les artistes, qui sont de puissants symboles, y ont, pour beaucoup, contribué. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans un monde divisé en deux blocs, auréolé de la gloire de la Résistance, le Parti communiste incarne l'espérance. Selon le réalisateur Marcel Trillat, "être de ce côté-là, c'était vouloir changer les choses, aller vers un monde meilleur". Les images de la Fête de l'Huma 1945 expriment cette tranquille exaltation. Il fait beau, la paix est revenue, on chante, on rit : la vie est une fête. En 1946, la PC compte 800 000 adhérents et pèse plus de 25 % des voix aux élections. "Le sens de l'Histoire, désormais, paraît être communiste", note l'historien Pascal Ory.

Dans ce film passionant des excellents Yves Riou et Philippe Pouchain, qui dessinent ici le portrait d'une époque, c'est sans doute Juliette Gréco qui trouve les mots les plus justes : "Après la Libération, qui n'était pas communiste était suspect. On ne pouvait pas penser autrement que générosité, utopie, amour..." C'est l'épuration qui aura posé la question de la responsabilité sociale et politique des artistes, certains s'étant compromis avec l'occupant. Gérard Philippe, qui est alors "une idole absolue", se revendique sympathisant communiste, lui dont le père a été condamné à mort pour collaboration : il est un modèle. Comme Picasso, qui prend sa carte du Parti en 1944, et la conservera jusqu'à sa mort. C'est la grande question : prendre sa carte ou pas ? "Moi, m'inscrire au Parti ?, s'exclame Prévert. "J'ai pas envie qu'on me mette en cellule !" Juliette Gréco : "Il y a avait beaucoup de gens passionnants au Comité central. Et puis il y avait ces lumières qu'étaient Aragon, Picasso, Sartre. Ils étaient éblouissants dans tous les sens du terme, c'est-à-dire qu'ils empêchaient aussi de voir..."

On ne veut pas entendre les critiques, explique de son côté Pascal Ory, "parce qu'elles sont de la propagande, une série de mensonges bourgeois, capitalistes et impérialistes ! D'une certain façon, on est toujours en guerre." La rétive Juliette Gréco n'adhérera jamais au PC : "Je me suis inscrite aux Jeunesses communistes et c'est là que j'ai commencé à gronder, à me révolter. Je n'ai jamais failli à ma vérité qui est une indiscipline totale, et d'une curiosité absolue : tout comprendre et tout savoir..." C'est une grande époque de culture populaire, avec notamment la création du Festival d'Avignon et du TNP par Jean Vilar, un temps de sincère exaltation. Au début des années 1950, Sartre, à son tour, se rapproche du Parti, dont il ne sera qu'un compagnon de route. Dans son sillage, il entraîne de nombreux jeunes et intellectuels. Celui qui avait été qualifié par le PC de "hyène dactylographe" se rend souvent à Moscou, où il retrouve sa jolie traductrice soupçonnée d'appartenir au KGB... Comme l'explique Pascal Ory, "la plupart des artistes et intellectuels membres du Parti, ou compagnons de route, ne veulent pas voir ce que quelques anarchistes, quelques socio-démocrates ou dissidents dénoncent : l'Union soviétique est un régime totalitaire".

Les évènements vont balayer les innocences. Octobre 1956. Les chars russes entrent à Budapest pour écraser l'insurrection. Les Hongrois ont eu l'audace de réclamer plus de démocratie ! Les violences entraîneront des milliers de morts, et des centaines d'exécutions. En France, le PC approuve, ce qui suscite de vifs débats. Après de longues hésitations, Montand entreprend une torunée dans les pays de l'Est, en compagnie de Simone Signoret. A leur retour, tous deux ne croient plus à ce mirage. Les artistes sont nombreux à s'interroger. Juliette Gréco : "Quand on a commencé à comprendre ce qui se passait derrière ce qu'on appelait le rideau de fer, le doute s'est installé. Il a fait son nid, et a désespéré beaucoup de gens... On s'est sentis trompés, humiliés, malheureux. C'était grave parce qu'il y avait beaucoup de foi, beaucoup d'espoir." Sartre condamne "entièrement et sans réserve" l'intervention soviétique et rompt avec le Parti. Picasso garde sa carte, tout comme Aragon qui, inflexible, évoque "la fin sublime qui excuse les moyens horribles". Plus tard, on retrouvera dans son journal intime : "1956, comme un poignard sur mes paupières." Il sait, mais il ferme les yeux...

Il est émouvant de revoir ici Jean Ferrat, lui qui n'a jamais pris sa carte mais qui sera marqué à jamais par la déportation de son père à Auschwitz et la famille communiste qui l'avait recueilli à l'époque. "Il a partagé nos enthousiasmes mais aussi nos doutes et nos amertumes, qu'il a su exprimer", note Marcel Trillat. Émouvantes, aussi, les images de Vladimir Vissotski, ce contestataire enragé dont Marina Vlady, sa femme, dit avec une tendresse admirative qu'il "est mort de cette humiliation constante qu'il subissait dans son pays".

L'entrée des chars soviétiques à Prague, en 1968, balayera les dernières illusions, révélant les mensonges et la dimension de l'horreur. Les convertis d'hier ont battu en retraite et dénoncent désormais l'imposture. Ce qu'on a du mal à comprendre, c'est qu'aujourd'hui encore des hommes, des femmes puissent se réclamer de ce régime, de cette idéologie qui n'aura semé que le désespoir, la souffrance et la mort. Tant de souffrances, et tant de morts...

Documentaire : "Les Artistes et le Parti" de Philippe Pouchain et Yves Riou (dimanche 21 avril, à 22h05, France 5).
Le Monde

LES ARTISTES ET LE PARTI (1945-1968)

Voilà sans doute l'un des plus beaux castings des arts, des lettres, de la pensée et du show-business que l'on ait jamais réuni. Le plus beau défilé d'artistes de d'intellectuels. Une liste rouge, en quelque sorte, où l'on peut lire, entre autres, les noms de Picasso, Fernand Léger, Aragon, Yves Montand, Simone Signoret, Jean-Paul Sartre, Paul Eluard, Marguerite Duras, Juliette Greco, Gérard Philippe, Jean Villard, Jean Ferrat, Marina Vlady.

Il y a ceux qui prirent leur carte, et les autres, simples sympathisants et "compagnons de route". Entre les artistes et le Parti Communiste Français, existe une histoire commune et singulière, que nous retrace dimanche 21 avril à 22h00 l'émission "La Case du Siècle".

800 000 adhérents

Au lendemain de la Libération, le PC jouit de son rôle dans la Résistance. Sur les ruines du conflit, il représente aussi l'espoir d'une autre société et d'un monde meilleur. C'est simple, explique Juliette Greco, qui en fut : "Qui n'était pas communiste était douteux après la Libération." Le parti comptait 800 000 adhérents er réalisait des scores de 25% aux élections nationales, viennent nous rappeler l'historien Pascal Ory et le journaliste Marcel Trillat.

Autant dire que, durant ces années-là, on croise du beau monde dans l'univers communiste. Des gens "éblouissants dans tous les sens du terme, ajoute Juliette Greco. C'est-à-dire qu'ils empêchaient de voir, aussi".

La mort de Staline, les chars soviétiques à Budapest puis le "printemps de Prague" finiront par éloigner la plupart des artistes. Beaucoup se sentiront trompés, humiliés, et malheureux. Orphelins en somme, d'une foi et d'un espoir.

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