UN PARCOURS ALGÉRIEN

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UN PARCOURS
ALGÉRIEN
un documentaire d'Alain Ferrari2003

Les histoires humaines ne coïncident jamais avec les stéréotypes ni avec les simplifications ultérieures. Chacun des personnages de cette histoire a son parcours, chacun d’eux a sa logique et sa cohérence propre. Le documentaire naît, comme les événements qu’il relate, de l’entrecroisement de ces individualités fortes qu’Hervé Bourges a rencontrées, accompagnées, ou auxquelles il s’est opposé. Tout commence avec Témoignage chrétien, l’un des journaux courageux qui accomplissent leur tâche au service de la vérité, même en temps de guerre : prises de position de Denise et Robert Barrat, d’André Mandouze, de Mauriac… Hervé Bourges y signe ses premiers papiers. Puis c’est l’expérience du terrain algérien : sur la base d’Aïn Arnat, le deuxième classe Bourges est chargé de l’encadrement des jeunes du village voisin de la base...

Réalisateur

Alain FERRARI

Acteurs

Hervé BOURGES

Un film de
Hervé Bourges et Alain Ferrari


Produit par
Agnès VICARIOT
Jean-François LEPETIT


Une coproduction
FLACH FILM
FRANCE 2
ENTV (Télévision Algérienne)


En association avec
France 5


Responsable de l'unité documentaire de France 2
Yves JEANNEAU


Durée
2x90'


Année
2003


Réalisation
Alain FERRARI


Montage
Didier RANZ


Assistante de réalisation
Myriam ELHADAD


Documentaliste
Christine LOISEAU


Musique originale composée et dirigée par
Denis BARBIER


Entretiens menés par
Hervé BOURGES
Alain FERRARI


Commentaires écrits et dits par
Hervé BOURGES


Avec la participation amicale de
Olivier ZEGNA-RATA


Textes dits par
Emmanuelle STOCHL
David GABISON


Image
Philippe RICOU
Jean NAVARRO


Son
Bruno STETTMEIER
Jean-Claude PERRIER


Eclairagistes
Jacques VAISSIERE
Bruno ROSSI
Max PONCHELLE
Noël ALLAIRE


Mixage
Marc AUTHESSERRE


Assistant montage
Olivier FERRARI

Images du film

UN PARCOURS ALGÉRIEN UN PARCOURS ALGÉRIEN
Flach Film

REVUE DE PRESSE

Edito de Alain FERRARI

L’Algérie a tenu - et continue de tenir - une place importante dans ma vie personnelle. J’ai toujours éprouvé - j’éprouve encore - de l’admiration et du respect pour son peuple, confronté depuis des siècles aux situations les plus tragiques.

Entretien avec Hervé Bourges et Jean-François Lepetit

Les circonstances ont fait de moi un témoin privilégié d’un demi-siècle d’histoire algérienne. Comme toute ma génération, j’ai été marqué par cette guerre qui ne disait pas son nom.

Edito de Alain FERRARI

J’ai voulu faire "Un parcours algérien", et j’ai aimé le faire, pour trois raisons principales.

La première : l’Algérie a tenu - et continue de tenir - une place importante dans ma vie personnelle. J’ai toujours éprouvé - j’éprouve encore - de l’admiration et du respect pour son peuple, confronté depuis des siècles aux situations les plus tragiques. Au XX ème, il a montré son courage, non seulement pendant la lutte de libération, mais aussi dans les sanglantes années 90. Il reste aujourd’hui debout, ce peuple, malgré les difficultés de survie, malgré les massacres. Tout nouveau séjour en Algérie confirme en moi cette admiration et ce respect.Le tournage d’"Un parcours algérien" n’a pas failli à la règle.

La seconde raison : le caractère atypique du rapport d’Hervé Bourges à l’Algérie. On a surtout traité, au cinéma et à la télévision, des Français qui avaient opté pour un extrême : les "porteurs de valises" ou les activistes de l’OAS. Ni pied noir ni pied rouge, Hervé Bourges n’a jamais pris de position radicale. Mais, par son action quotidienne, faite de générosité et de tolérance, il a su, soutenu bien sûr par d'autres, et notamment des chrétiens, maintenir le dialogue entre les deux rives de la Méditerranée, le maintenir coûte que coûte, au plus fort de "la guerre sans nom", comme dans l’émergence tourmentée de la nation et de l’état algériens.

Ce projet m’obligeait enfin à imaginer une forme originale : deux récits tricotés ensemble, l’un subjectif, le récit par Hervé Bourges de sa propre expérience, l’autre plus global, plus objectif, le récit de la période (1958-1965), ou plutôt de certains aspects précis de la période, par Hervé Bourges et par des témoins directs ou des acteurs des faits. Je suis allé ainsi à la rencontre des anciens du centre de jeunes d’Aïn Arnat - centre créé par Hervé Bourges près de Sétif en 1958. Rencontre inoubliable. Hervé Bourges n’étant pas présent, ces hommes ont pu évoquer sans gêne, et avec toute la chaleur du souvenir, l’influence sur leur développement individuel de ce "drôle de troufion". Ils m’ont, dans le même mouvement, permis de toucher du doigt, si je puis m’exprimer ainsi, la réalité coloniale - sa dureté.

Deux récits entremêlés, donc, et qui disent le dialogue maintenu, envers et contre tout, entre les deux peuples. Puisse "Un parcours algérien" faire brèche au manichéisme qui perdure : il n’y eut pas, dans cette histoire pleine de bruit et de fureur, des bons contre des méchants, ni même des bons contre des bons, des méchants contre des méchants. Il y eut, dans chaque camp, des hommes de bonne volonté. Et c’est aussi à eux que, sans pratiquer la culture de l’oubli et avec un souci prégnant de conciliation, j’ai voulu, grâce au "passeur" Hervé Bourges, rendre ici hommage.

Entretien avec Hervé Bourges et Jean-François Lepetit

Comment est né ce projet ?



Jean-François Lepetit : Je vais vous étonner : « Un Parcours algérien » est né à Acapulco en l’an 2000.
Hervé Bourges avait été invité, dans le cadre d'Unifrance, par Daniel Toscan du Plantier, à une manifestation de promotion du cinéma français en Amérique Latine à laquelle je participais activement.
Je connaissais Hervé Bourges de longue date, d'abord comme fidèle soutien du cinéma français. Son livre « De Mémoire d’éléphant » venait de paraître, et il m’en offrit un exemplaire. Tout le monde connaît le Bourges patron de chaîne, président du CSA, et homme de médias. Mais j’ai découvert dans son livre un autre Bourges, acteur et témoin d’une partie de notre histoire collective…
Dans l’avion du retour, j'ai dévoré son livre, et notamment les chapitres consacrés à l’Algérie.
Arrivé à Roissy, je lui ai proposé de produire un documentaire sur ce thème, à savoir "son parcours algérien". Il en a accepté le principe, mais il n'a réellement commencé à travailler sur ce projet qu'un an après son départ du CSA. Et nous avons produit ce film en 2002.



Pourquoi vous êtes vous tourné vers l’Algérie ?



Hervé Bourges : Les circonstances ont fait de moi un témoin privilégié d’un demi-siècle d’histoire algérienne. Comme toute ma génération, j’ai été marqué par cette guerre qui ne disait pas son nom. Dès que je suis sorti de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, ce fut pour entrer à Témoignage Chrétien, hebdomadaire dont l’engagement contre les guerres coloniales était une constante depuis la Libération. Par fidélité aux valeurs qui avaient été celles de ses créateurs clandestins pendant la deuxième guerre mondiale, ce journal ne supportait pas l'idée de voir l’armée française dans le rôle d’une armée « d’occupation » même pour conserver un empire colonial conquis de longue date. L’engagement d’André Mandouze, des époux Barrat, de Georges Suffert avait déjà été explicite sur le Maroc. Les « événements d’Algérie » et notamment la dénonciation de la torture furent d’emblée au cœur de nos préoccupations éditoriales.


Mais vous ne vous êtes pas contenté de les traiter comme journaliste…



 

Hervé Bourges : J’ai été mobilisé, comme tous les jeunes Français de ma génération, et j’ai accompli mon service militaire en Algérie. Cela m’a permis de toucher du doigt la réalité de la société algérienne avant l’Indépendance, et de prendre la mesure du conflit qui se nouait. Je fus donc pendant trente mois, de janvier 1958 à l’été 1960, deuxième classe dans une unité de l’aviation légère de l’armée de terre, chargée du soutien opérationnel, et mes supérieurs hiérarchiques m’affectèrent d’emblée à des tâches d’organisation : le théâtre aux armées, l’encadrement des jeunes d’Aïn Arnat, ville voisine du camp. J’ai vu les contrastes entre convictions et comportements, pour le pire, mais aussi pour le meilleur. Un jugement sur cette période et sur le rôle de l’armée pendant cette période doit se garder de tout manichéisme et de toute simplification. C’est pourquoi je me suis toujours attaché à ne rien caricaturer. Je n’ai peut-être pas été exhaustif, comme devrait l’être un parfait historien, mais j’ai rendu compte de ce que j’ai vu, les bons et les mauvais côtés, de part et d’autre.

 

A votre retour, c’est une autre facette des événements que vous allez découvrir…

 

Hervé Bourges : A mon retour, je découvre l’action de l’Etat. Appelé au Cabinet d’Edmond Michelet, Garde des Sceaux, pour traiter les problèmes liés à l’Algérie, je me retrouve au centre d’un jeu de pouvoir compliqué où les barons du gaullisme, Michel Debré, Pierre Mesmer, tiennent une ligne dure, confrontée à l’évolution du Général de Gaulle lui-même, qui veut amener les esprits à une solution négociée. Là, je découvre une galerie de personnages remarquables et courageux : Edmond Michelet lui-même, Simone Veil, Germaine Tillion, Gisèle Halimi, mais aussi du côté des prisonniers algériens, Bachir Boumaza, par exemple, et les cinq chefs historiques détenus à l’Ile d’Aix, puis transférés à Turquant, Boudiaf, Aït Ahmed, Bitat, Khider, et surtout Ben Bella. C’est comme "geôlier" que je les rencontrerai régulièrement et que je serai leur intermédiaire officiel avec le gouvernement français, en la personne du Garde des Sceaux… J’ai eu alors une chance extraordinaire, celle de me trouver en coulisse, au milieu des acteurs, de pouvoir analyser leur jeu, d’aider à la recherche d’une solution pacifique.

 

Cette chance, vous l’aurez encore au lendemain des accords d’Evian ? Quel sera alors votre rôle ?

 

Hervé Bourges : C’est à l’été 1961 que Michel Debré obtient le départ d’Edmond Michelet de son gouvernement, et que je réintégre Témoignage Chrétien comme rédacteur en chef. C’est en tant que journaliste que je suis donc cette période, marquée à Paris par l’action du Préfet de Police Maurice Papon et en particulier par la répression sanglante des manifestations algériennes. Ensuite, les accords d’Evian ouvrent une période de désordres terribles en Algérie, avec un déchaînement de l’OAS qui joue le tout pour le tout, et la révélation des divergences profondes qui existent au sein du mouvement national algérien. De ce désordre émerge progressivement une force centralisatrice mieux organisée, le FLN, dont Ben Bella prend le contrôle en s’appuyant sur la force militaire que représente l’ALN dirigée par le colonel Boumediene. Sitôt installé à Alger, Ben Bella me demande d’apporter mon concours, au sein de son cabinet, à l’œuvre de construction institutionnelle et politique qu’il a devant lui. C’est un peu fou de ma part d’aller me mêler à cette partie, mais c’est en même temps exaltant… Et c’est ainsi que je serai encore un témoin direct et privilégié des premières années de la nouvelle République algérienne.

 

Quels sont les dossiers prioritaires dont vous vous occupez ?

 

Hervé Bourges : J’ai toujours tenté d’avoir une action cohérente avec mes convictions et ma formation : je me suis occupé de la prise en charge des jeunes, et de la préparation de la première génération de journalistes algériens, en faisant venir à Alger pour des sessions de formation de grands professionnels français… Autant que je le pouvais, je fus de ceux qui tentaient de maintenir des ponts entre les deux rives, malgré la violence de la séparation. C’est ainsi que j’ai été nommé directeur de la jeunesse et de l’éducation populaire auprès d’un certain Abdelaziz Bouteflika, et que je suis devenu le collaborateur du ministre de la communication Bachir Boumaza, qui sera plus tard Président du Sénat algérien… Mais le tour pris par les événements, en particulier après le coup d’Etat du 19 juin 1965, quand Boumediene écarta Ben Bella du pouvoir, m’a conduit à quitter l’Algérie en 1967 pour revenir en France.

 

Retour facile ?

 

Hervé Bourges : Evidemment pas !… Mais c’est une autre histoire. Toujours est-il que je n’ai jamais cessé de suivre avec attention ce qui se passait de l’autre côté de la Méditerranée ! Même si j’y étais rarement retourné jusqu’à ce que les présidents Chirac et Bouteflika me confient la présidence de « Djazaïr, Une Année de l’Algérie en France » : plus de 2000 événements culturels, dans toute la France, qui nous permettent de renouer les fils d’un dialogue trop longtemps interrompu ! Je suis particulièrement heureux de m’employer ainsi à consolider les liens franco-algériens, comme je n’ai jamais cessé de le faire depuis cette époque !

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