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67. Mostra Internazionale d’Arte Cinematografica – Orizzonti competition – opening film

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PARIS (AP) - "Fils gâté d'une famille fortunée" selon un conseiller de Ronald Reagan, "étudiant médiocre" de son propre aveu, alcoolique repenti redécouvrant Jésus grâce à l'Eglise évangélique, George W. Bush a remporté la course à la Maison Blanche au terme de "l'élection la plus controversée et la plus confuse de toute l'histoire politique américaine".

Dès ses premières minutes, "Le monde selon Bush", documentaire réalisé par William Karel, diffusé vendredi à 22h35 dans l'émission "Contre-courant" sur France-2 (il sortira aussi dans les cinémas français le 23 juin), donne le ton: s'appuyant sur des témoignages solides, il dresse en 90 minutes un réquisitoire implacable contre le 42e président des Etats-Unis, sa famille, son entourage, leurs méthodes d'exercice du pouvoir et de lutte contre le terrorisme.

Qu'a accompli M. Bush depuis son élection? Grâce à quels appuis et dans quel but? Du 11-Septembre à la guerre en Irak, le réalisateur de "CIA: guerres secrètes" offre au public le spectre effroyable des manipulations des néoconservateurs au pouvoir et un portrait à la Dorian Gray de la famille Bush...

Le grand-père, Prescott, servait de banquier aux nazis, tandis que George Bush père a collaboré avec Saddam Hussein durant la guerre Iran-Irak. George Bush fils, lui, se croit "investi d'une mission divine: promouvoir une vision biblique de la politique menée par les Etats-Unis".

Etroitement lié à la droite chrétienne, bigote et sioniste, l'homme prie chaque jour dans le bureau ovale avec son équipe. Tel un chrétien illuminé, ancien sous-secrétaire adjoint à la Défense chargé des renseignements, le général William Boykin, prêche "la croisade contre l'Islam", tandis que le télévangéliste Jerry Falwell, chef de file des chrétiens ultra, assure que "Mahomet était un terroriste".

Mais surtout William Karel se penche sur l'équipe Bush: Paul Wolfowitz, numéro 2 du Pentagone, grand défenseur d'Israël, Richard Perle, conseiller présidentiel surnommé le "Prince des ténèbres" ou encore Dick Cheney, Karl Rove, Colin Powell et Donald Rumsfeld, tous liés à l'industrie d'armement américaine.

Sans compter l'inquiétant Franck Carlucci, ancien sous-directeur de la CIA aujourd'hui à la tête de Carlyle, le plus important fonds d'investissement privé américain, lié au lobby saoudien et à la famille Ben Laden...

Objectif? Remodeler le Moyen-Orient en attaquant l'Irak, s'enrichir grâce à des contrats d'armement et de pétrole, quitte à "transformer l'art subtil de la diplomatie en menaces" et mensonges, déplore le sénateur démocrate Robert Byrd.

Pour cela, ils n'hésitent pas à lier les attentats du 11-Septembre au régime de Saddam Hussein, mentir sur l'existence d'armes de destruction massive en Irak, discréditer ceux qui affirment le contraire, comme le chef des inspecteurs de l'ONU, Hans Blix ou les diplomates Joe Wilson et David Kay.

C'est une "petite mafia bien organisée", assure Robert Steele, ancien cadre de la CIA, pour qui l'Amérique a été "politiquement parlant la prostituée des Saoudiens pendant les 40 dernières années".

"Ce sont tous des escrocs" pour qui la "corruption", c'est "faire des affaires", renchérit Robert Baer, ancien agent de la CIA, avant d'ironiser: "On commence à ressembler à un pays du tiers-monde, non? A une république bananière..."

William Karel dénonce aussi liens entre l'Arabie saoudite, "mère nourricière du terrorisme" selon un témoin, et les néoconservateurs, avec cette conclusion terrible de l'historien Joseph Trento: George W. Bush "s'est trompé de pays": "S'il voulait vraiment faire la guerre contre le terrorisme, il aurait dû envahir l'Arabie saoudite, pas l'Irak"...

Au début du documentaire, l'écrivain américain Norman Mailer confie, pince-sans-rire: "Nous avons le pire président de l'histoire des Etats-Unis. Il est ignorant, arrogant, totalement stupide dans tous les domaines, sauf un: il a su se faire aimer par une large partie de la population -la moins intelligente- qui est très contente de lui, car devant l'étendue de sa bêtise, ils peuvent se dire: 'Formidable! Si ce crétin peut être président, pourquoi pas moi?'". La question reste de savoir s'ils se le diront toujours en novembre 2004... AP


http://fr.news.yahoo.com/040617/5/3x3tx.html

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