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LES CAPRICES D'UN FLEUVE
Un film de Bernard GIRAUDEAU Sortie salles le 03 avril 1996
Avec Bernard GIRAUDEAU, Richard BOHRINGER, Thierry FREMONT, Anna GALIENA, France ZOBDA
111 minutes
Dvd / vod
Synopsis
" Mon histoire commence ce jour de 1787 sur les prés d'un château d'Anjou. Ce fut mon dernier duel et mon premier jour... Le roi m'exilait sur les côtes d'Afrique comme Gouverneur d'une minuscule colonie, un comptoir de sable livré aux caprices d'un fleuve."
L'AFRIQUE EST JEUNE
Jean-François rencontre une Afrique apparemment immobile depuis des siècles. La transmission des traditions et de la culture est orale, c'est donc un pays qu'il faut écouter, qu'il faut prendre le temps de découvrir. L'Afrique est jeune, rappelle Pierre Combaud (Thierry Frémont), Jean-François la découvre peu à peu. C'est un film physique où tout découle de la rythmique africaine. Jean-François est fasciné par ce continent, ce corps noir. Il erre sur le fleuve à la recherche de lui-même à la reconnaissance de l'autre, de cette différence.
LA REVOLUTION ET L'AFRIQUE
La Révolution Française bouillonnait loin de l'Afrique. Les lettres mettaient des semaines à arriver, un bateau passait tous les six mois... le temps s'étirait dans l'ignorance. La pensée des philosophes, Beaumarchais, Rousseau, Diderot, Marivaux, et le travail des abolitionnistes n'arrivaient sur les rivages africains que dans les cales des bateaux négriers. Que de distance et de chemin à parcourir. Certes, l'abolition des privilèges était liée à la Révolution, mais on s'en souciait peu en Afrique. La traite des nègres et le commerce de l'or battaient leur plein, trop de gens avaient intérêt à entretenir les petites guerres entre les rois noirs, impliquant même des affranchis qui avaient des parts dans le commerce des négriers. Napoléon, bien après la Révolution, rétablira officiellement un esclavage qui n'avait été aboli que dans les textes. Le titre de citoyen ne changea rien. Tout se passait en France et Jean-François de la Plaine (Bernard Giraudeau), le Commandant de Blanet (Richard Bohringer) et Pierre Combaud y étaient impuissants. Jean-François n'est pas un héros libérateur, c'est un défricheur, troublé par sa propre ignorance.
LA VOLONTE ROMANESQUE
Sur le fleuve, les navires emportaient avec eux un peu de cette France laissée au vent de l'oubli et voguaient vers un autre monde pour se préparer à d'autres tourmentes. L'aventure humaine, celle de notre découverte, nourrit la volonté romanesque du film. L'Afrique du XVIIIème siècle, celle de l'imaginaire ou du vécu, véhicule nos sentiments, nos contradictions et nos émotions. Au travers de ces turbulences, se raconte l'épopée de Jean-François, Gouverneur d'un comptoir de sable, bousculé par l'histoire. Flibustiers, pirates et corsaires, comptoirs, négriers et trafiquants sont la toile de fond sur laquelle se dessinent, au rythme de ce fleuve, les personnages d'une des époques les plus troubles de notre histoire.
LES CAPRICES D'UNE INITIATION
Poussée par les vents d'ouest, la flotte du gouverneur glisse sur le fleuve ; Jean-François le remonte à contre courant. Le choc de cette rencontre n'est pas réaliste, le cinéma est fiction et folie, à l'instar de Jean-François de la Plaine, exilé avec son clavecin, loin de Bach et de Mozart, au beau milieu de la forêt ; confrontant sa propre culture à celle de l'Afrique. Remonter le fleuve... un caprice de la vérité. Vérité aussi du Pygmalion de quarante-cinq ans, qui cède à l'injonction de sa fille d'en faire une femme : "Je suis une femme alors regarde-moi comme une femme". Pourtant, au départ, ce libertin cultivé ne sent pas l'immanence de la Révolution Française, ni même la sienne d'ailleurs, d'où le sujet du film... Quand il quitte la France en 1785, le pays vit dans l'aisance de la royauté des nobles, la misère pour le peuple. Jean-François de la Plaine part faire son métier de gouverneur, c'est un exil, une prison redoutable. Il est raciste, comme on pouvait l'être à l'époque, comme on l'est aujourd'hui. La servitude en France n'était pas glorieuse et ressemblait fort à l'esclavage. Jean-François n'avait aucune raison de s'offusquer à la vue d'un noir maltraité. Seul le commerce de cet esclavage de masse et la vue des chaînes réussiront à le destabiliser. Projeté dans un univers totalement différent, il sera fasciné par la jeunesse du continent, troublé par ce qu'il croit être de l'immobilisme, et se passionnera tout simplement, découvrira, aimera... Que lui serait-il arrivé pendant la Révolution... on le devine. Mais un autre destin l'attend, cet homme du Siècle des Lumières va peu à peu laisser se mêler au son du clavecin et de la flûte, celui du feu, des percussions, des parfums, des odeurs, de la sensualité. Il va observer Pierre Combaud, estimer de Blanet, s'interroger sur cet autre bonheur, la beauté, les chants. Il va aimer la réponse à ses questions, et les choix de l'Afrique. La providence mettra sur sa route, sous forme de cadeau, une petite esclave à laquelle il s'attachera et avec laquelle il achèvera sa propre révolution ; elle sera sa fille, sa femme, et la mère de son enfant, elle sera son amour et son histoire. Elle est symbole, reflet de sa douleur et éclat de son parcours. Il a fait la rencontre de l'Autre. Son retour sera le véritable exil.
L'INACCEPTABLE NORMALITE
La gageure du film était de suggérer une effrayante normalité, sans voyeurisme. Le servage en France n'était pas plus glorieux que l'esclavage, il était le quotidien du peuple, à l'instar des domestiques qui dormaient devant la porte de leur maître, cette misère-là ne se cachait pas. On embarquait les esclaves de nuit, on les entassait par centaines dans les bateaux négriers et les marchés de la traite n'étaient que la vitrine de ce commerce avilissant. La noblesse n'allait pas à fond de cale et fréquentait peu les maisons aux esclaves, pourtant situées juste à côtés des leurs. La violence et l'horreur de cet esclavage n'est pas visible au regard volontairement aveugle. Aujourd'hui encore, nous acceptons la misère quotidienne, nous passons à côté d'elle sans la voir. L'esclavage n'a été officiellement aboli dans certains pays d'Afrique que lors de cette dernière décennie. Notre regard d'aujourd'hui a-t-il profondément changé ? Il faudra donc à Jean-François des révélateurs pour éveiller sa curiosité, sa prise de conscience, provoquer son étonnement, son trouble et sa maturation. La musique, l'amour, l'amitié du Commandant de Blanet et de son aide de camp, Pierrre Combaud et les échos lointains de la Révolution Française seront à l'origine de son évolution au sein de cette inacceptable normalité. .
L'AFRIQUE EST JEUNE
Jean-François rencontre une Afrique apparemment immobile depuis des siècles. La transmission des traditions et de la culture est orale, c'est donc un pays qu'il faut écouter, qu'il faut prendre le temps de découvrir. L'Afrique est jeune, rappelle Pierre Combaud (Thierry Frémont), Jean-François la découvre peu à peu. C'est un film physique où tout découle de la rythmique africaine. Jean-François est fasciné par ce continent, ce corps noir. Il erre sur le fleuve à la recherche de lui-même à la reconnaissance de l'autre, de cette différence.
LA REVOLUTION ET L'AFRIQUE
La Révolution Française bouillonnait loin de l'Afrique. Les lettres mettaient des semaines à arriver, un bateau passait tous les six mois... le temps s'étirait dans l'ignorance. La pensée des philosophes, Beaumarchais, Rousseau, Diderot, Marivaux, et le travail des abolitionnistes n'arrivaient sur les rivages africains que dans les cales des bateaux négriers. Que de distance et de chemin à parcourir. Certes, l'abolition des privilèges était liée à la Révolution, mais on s'en souciait peu en Afrique. La traite des nègres et le commerce de l'or battaient leur plein, trop de gens avaient intérêt à entretenir les petites guerres entre les rois noirs, impliquant même des affranchis qui avaient des parts dans le commerce des négriers. Napoléon, bien après la Révolution, rétablira officiellement un esclavage qui n'avait été aboli que dans les textes. Le titre de citoyen ne changea rien. Tout se passait en France et Jean-François de la Plaine (Bernard Giraudeau), le Commandant de Blanet (Richard Bohringer) et Pierre Combaud y étaient impuissants. Jean-François n'est pas un héros libérateur, c'est un défricheur, troublé par sa propre ignorance.
LA VOLONTE ROMANESQUE
Sur le fleuve, les navires emportaient avec eux un peu de cette France laissée au vent de l'oubli et voguaient vers un autre monde pour se préparer à d'autres tourmentes. L'aventure humaine, celle de notre découverte, nourrit la volonté romanesque du film. L'Afrique du XVIIIème siècle, celle de l'imaginaire ou du vécu, véhicule nos sentiments, nos contradictions et nos émotions. Au travers de ces turbulences, se raconte l'épopée de Jean-François, Gouverneur d'un comptoir de sable, bousculé par l'histoire. Flibustiers, pirates et corsaires, comptoirs, négriers et trafiquants sont la toile de fond sur laquelle se dessinent, au rythme de ce fleuve, les personnages d'une des époques les plus troubles de notre histoire.
LES CAPRICES D'UNE INITIATION
Poussée par les vents d'ouest, la flotte du gouverneur glisse sur le fleuve ; Jean-François le remonte à contre courant. Le choc de cette rencontre n'est pas réaliste, le cinéma est fiction et folie, à l'instar de Jean-François de la Plaine, exilé avec son clavecin, loin de Bach et de Mozart, au beau milieu de la forêt ; confrontant sa propre culture à celle de l'Afrique. Remonter le fleuve... un caprice de la vérité. Vérité aussi du Pygmalion de quarante-cinq ans, qui cède à l'injonction de sa fille d'en faire une femme : "Je suis une femme alors regarde-moi comme une femme". Pourtant, au départ, ce libertin cultivé ne sent pas l'immanence de la Révolution Française, ni même la sienne d'ailleurs, d'où le sujet du film... Quand il quitte la France en 1785, le pays vit dans l'aisance de la royauté des nobles, la misère pour le peuple. Jean-François de la Plaine part faire son métier de gouverneur, c'est un exil, une prison redoutable. Il est raciste, comme on pouvait l'être à l'époque, comme on l'est aujourd'hui. La servitude en France n'était pas glorieuse et ressemblait fort à l'esclavage. Jean-François n'avait aucune raison de s'offusquer à la vue d'un noir maltraité. Seul le commerce de cet esclavage de masse et la vue des chaînes réussiront à le destabiliser. Projeté dans un univers totalement différent, il sera fasciné par la jeunesse du continent, troublé par ce qu'il croit être de l'immobilisme, et se passionnera tout simplement, découvrira, aimera... Que lui serait-il arrivé pendant la Révolution... on le devine. Mais un autre destin l'attend, cet homme du Siècle des Lumières va peu à peu laisser se mêler au son du clavecin et de la flûte, celui du feu, des percussions, des parfums, des odeurs, de la sensualité. Il va observer Pierre Combaud, estimer de Blanet, s'interroger sur cet autre bonheur, la beauté, les chants. Il va aimer la réponse à ses questions, et les choix de l'Afrique. La providence mettra sur sa route, sous forme de cadeau, une petite esclave à laquelle il s'attachera et avec laquelle il achèvera sa propre révolution ; elle sera sa fille, sa femme, et la mère de son enfant, elle sera son amour et son histoire. Elle est symbole, reflet de sa douleur et éclat de son parcours. Il a fait la rencontre de l'Autre. Son retour sera le véritable exil.
L'INACCEPTABLE NORMALITE
La gageure du film était de suggérer une effrayante normalité, sans voyeurisme. Le servage en France n'était pas plus glorieux que l'esclavage, il était le quotidien du peuple, à l'instar des domestiques qui dormaient devant la porte de leur maître, cette misère-là ne se cachait pas. On embarquait les esclaves de nuit, on les entassait par centaines dans les bateaux négriers et les marchés de la traite n'étaient que la vitrine de ce commerce avilissant. La noblesse n'allait pas à fond de cale et fréquentait peu les maisons aux esclaves, pourtant situées juste à côtés des leurs. La violence et l'horreur de cet esclavage n'est pas visible au regard volontairement aveugle. Aujourd'hui encore, nous acceptons la misère quotidienne, nous passons à côté d'elle sans la voir. L'esclavage n'a été officiellement aboli dans certains pays d'Afrique que lors de cette dernière décennie. Notre regard d'aujourd'hui a-t-il profondément changé ? Il faudra donc à Jean-François des révélateurs pour éveiller sa curiosité, sa prise de conscience, provoquer son étonnement, son trouble et sa maturation. La musique, l'amour, l'amitié du Commandant de Blanet et de son aide de camp, Pierrre Combaud et les échos lointains de la Révolution Française seront à l'origine de son évolution au sein de cette inacceptable normalité. .
Réalisateur / Auteur
Acteurs
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Thierry FREMONT Acteur En savoir plus |
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Presse
Note d'intention
- Déclaration d'intention de Bernard Giraudeau concernant Les caprices d'un fleuve
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